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Psychologue CLINICIEN

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Claude Breuillot

 
 
 
 
 
 
Une ébauche de réflexion …
Je me suis demandé s’il était différent de parler de psychanalyse dans la cité, du psychanalyste dans la cité ou encore des psychanalystes dans la cité. Le discours psychanalytique a-t-il un écho ? Que provoque le discours ou les discours plus ou moins discordants des psychanalystes dans les médias ? Un psychanalyste parle-t-il en son nom propre, au nom de son association, au nom de la Psychanalyse ou ne peut-il parler autrement que comme citoyen ? D’où parle-t-il ? Je pense aux économistes qui, selon leurs obédiences, selon leurs désirs, leurs choix servent souvent des analyses aux antipodes. Pourtant, nous les écoutons, les critiquons et ces divergences nourrissent le débat d’idées.
 
La clinique du Réel en institution ou au sein des maisons vertes est-elle possible hors ces cadres ? Indéniablement, ces questions soulèvent la place de ces discours dans le Politique. Comme dans la Cure, si le discours du psychanalyste se positionne comme discours du Maître, le risque n’en serait-il pas le rejet ou l’attaque en règle dans une société qui aujourd’hui vomit le Savoir et ses représentants. Notre société ne porte-t-elle pas les stigmates du plus-de-jouir qu’aucun ordre symbolique ne pourrait refreiner ?
Ces quelques mots me remémorent la clinique avec les adolescents en tant que sujets représentatifs du sujet moderne . Ratial écrit :« En effet, le processus de l’adolescence emporte au moins trois enjeux : la contestation du savoir, le démontage des croyances et des mécanismes mêmes de la croyance, et la non-réduction du sujet à sa dimension du sujet de l’énonciation. Le sujet-supposé-savoir est en jeu car il y a d’abord distinctement, contestation du sujet, du savoir et de la supposition. »
Alors, que faire dans cette galère ?
Qu’est-ce qui pousse un psychanalyste à prendre part au monde qui l’environne, à se positionner devant des faits de société, à se frayer un chemin dans les entrelacs de la Modernité recouvrant les champs du social, de l’économie, de la science, de la finance, du Politique, de l’environnement, …
En quoi le psychanalyste a-t-il une légitimité ? Est-ce sa formation ? Est-ce par ce qu’il y est invité au risque de se retrouver instrumentalisé ?
Je pense à un mot qui aujourd’hui soulève de nombreux débats juridiques. Pourrait-il être un veilleur, un lanceur d’alerte ? Porterait-il une responsabilité du fait de son positionnement ? De son analyse singulière ? Des repères qu’il tient de la découverte de l’inconscient ?
Quand il prend part aux débats sur tweeter, ou d’autres médias, quel est ce désir qui sous-tend son acte?
On entend que le discours psychanalytique et la découverte Freudienne serait frappée d’obsolèité. Elle serait ringarde, Has-been et ses appuis théoriques dépassés. Oublie-t-on que comme l’inconscient est toujours en complet remaniement, la psychanalyse est en mouvement ? Or, les pathologies ont changé. La psychanalyse est née de la névrose et de l’hystérie, deux symptômes propres aux sociétés marquées par la frustration sexuelle. Aujourd’hui, ce qui fait souffrir, c’est la relation à soi : on le voit avec l’importance accordée au narcissisme et aux perversions. Au temps de Freud, les patients étaient de grands bourgeois, qui avaient le temps et l’argent, ce que n’a pas le nouveau public, moins élitiste .
Alors, dans ce contexte, faisant l’hypothèse de symptômes pervers qui traverseraient la société, le psychanalyste restant retranché dans son cabinet serait-il moins valeureux que celui qui s’adonne aux risques de la parole ? Et si le risque n’était pas là. Les pervers, nous le savons, ont des complices. Ils savent manipuler l’opinion, s’appuyer sur les plus faibles, user de la force de la loi… Celui qui connaît les ressorts du silence et de l’écoute bienveillante peut-il s’adonner à une parole dans le socius, à distance de tout jugement ?
A l’heure de l’importance des réseaux sociaux, du nombre grandissant de personnes sensibilisées par une information consumériste et de masse, le psychanalyste doit-il abandonner l’espace ?
Une psychanalyse possède un caractère purement privé et nécessairement individuel qui ne souffre aucune compromission ni quant à son objet, ni quant à l’exécutant de cette opération – l’analysant dans la solitude de son acte- ni quant au lieu- le transfert dans le stricte cadre analytique. Aucune configuration sociale ne pourra en faire faire l’économie à quiconque.

Claude Breuillot
Aout 2013
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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