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Claude Breuillot

 
 
 
 
 
 
Ce matin, la psychologue scolaire basée à Gergy devrait être présente dans l’école du petit Liam, 6 ans, retrouvé mort comme ses deux petits frères dans la maison de leur mère.
Comment aider au travail de deuil chez l’enfant après la mort d’un camarade de classe ? Comment en parler : à l’école, à la maison ? Nous avons posé la question à Claude Breuillot, psychanalyste à Loisy.
 

Un rituel symbolique pour dire “au revoir”

 
« Dans la vie psychique d’un enfant, la mort abrupte d’un camarade de classe est un moment impensable. Mais chacun vit la mort de façon singulière. Nous avons tous des histoires différentes face à la mort. Perdre un copain de 6 ans ou un de 17 ans n’est pas la même chose. Certains enfants auront déjà vécu un décès, par exemple un grand-père mort de maladie. Néanmoins à 6 ans, c’est rare.
 
Confronté à ce cas, par exemple, je demande à l’enfant de mettre des mots sur ce que cela lui rappelle. Souvent, la première mort vécue a été celle d’un animal familier. Pour un enfant, il a presque valeur de frère ou sœur. Dans le cas de Gergy, les choses diffèrent aussi selon que les écoliers connaissaient leur camarade depuis la rentrée ou depuis des années. Et puis s’il y a la mort, il y a aussi les circonstances de la mort. D’autre part, comme cette affaire a été médiatisée, les enfants des autres classes en ont entendu parler. Il est intéressant pour l’école de rencontrer les parents ou de leur adresser un petit mot. Pour les écoliers, un rituel symbolique permettrait de dire “au revoir” à leur camarade. Mettre des mots
 
Des enfants vont poser la question du lieu de l’enterrement. Est-ce que les obsèques seront publiques ou pas ? À 6 ans, au CP, les enfants sont suffisamment grands pour que leurs parents leur demandent s’ils veulent y être présents.
La décision est à prendre dans l’intimité des familles. En classe, c’est un simple exemple, on peut faire faire un dessin aux enfants, qu’un adulte recueillera dans une boîte qui sera mise dans le cercueil de leur camarade si la famille l’accepte. La mise en place d’une cellule d’écoute à l’école est compliquée, là même où l’on est confronté à l’absence de son petit copain. Mais je ne sais pas si dans notre monde de précaution, l’Éducation nationale peut faire autrement.
 
Je pense aussi aux enseignants touchés également et en particulier à celui qui va retrouver la classe du petit défunt. Pour un enfant, il est impensable qu’un adulte, qu’un parent – si c’était le cas (NDLR : pour l’heure, on ne le sait pas) – puisse tuer un enfant ! Cela signifierait “mon père ou ma mère peuvent aussi me tuer ?” Il est donc important de mettre des mots, de rassurer et d’éveiller l’attention des parents à cet événement.
 
Cette mort peut provoquer des troubles du sommeil, de l’alimentation. Des enfants peuvent ne parler que de ça. Les parents peuvent avoir le sentiment qu’elle n’agit pas sur leur enfant. Quelquefois, c’est le décès suivant qui rouvre la brèche. Un psy peut aider à faire le deuil. Qu’on parle donc de cette mort pendant deux ou trois jours à l’école, d’accord, mais après, il faudra bien passer autant que faire se peut à autre chose. »
propos recueillis par Thierry Dromard

Source : le bien public 04/11/2013 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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